Je n’ai toujours pas compris pourquoi les garçons vont vers les filles, pourquoi ils ne peuvent pas s’en empêcher, alors que les garçons et les filles n’ont rien en commun, ce sont des espèces radicalement opposées, irréconciliables. Pourtant, le miracle se produit chaque fois, il se reproduit depuis des millénaires.
Il m’arrive d’envier les garçons qui préfèrent les garçons. Il me semble que ce sont eux qui ont raison. Ils ne fournissent pas nos efforts. Ils se dirigent vers leurs semblables. N’essaient pas de s’entendre avec des êtres à qui ils n’ont rien à dire. Ils cèdent à la facilité, à l’évidence. Je dis céder mais il ne s’agit pas d’un verbe péjoratif sous ma plume. Ils s’abandonnent plus qu’ils n’abdiquent. Je n’ai pas leur chance.
Philippe Besson, La trahison de Thomas Spencer