The World’s Most Beautiful Libraries
“Without libraries what have we? We have no past and no future.” -Ray Bradbury
For centuries, books have housed the collective knowledge of the world and formed the foundations of educational institutions. Given that these objects contain such value, it only makes sense that throughout history people have constructed beautiful buildings to house them.
We put together a list of some of the most beautiful libraries as captured by Instagrammers around the world. For more photos from these architectural wonders, check out their linked location pages below.
- Stuttgart City Library, Stuttgart, Germany
- Trinity College Library, Dublin, Ireland
- Library of Alexandria, Alexandria, Egypt
- Real Gabinete Português de Leitura, Rio de Janiero, Brazil
- The Royal Danish Library, Copenhagen, Denmark
- George Peabody Library, Johns Hopkins University, Baltimore, MD
- Kanazawa Umimirai Library, Kanazawa City, Japan
- New York Public Library, New York City, NY
Ces dernières semaines ne sont pas très rutilantes dans le débat public autour du projet de loi ouvrant le mariage aux couples de personnes de même sexe. Il fallait évidemment s’attendre à des prises de position tranchées, à un débat parlementaire houleux, à quelques basses manœuvres ça et là, mais la triste surprise vient peut-être plus simplement de l’aspect banal et décomplexé d’une homophobie qui se cache de moins en moins.
Je n’ai jamais douté qu’on puisse être opposé à ce projet de loi pour des raisons personnelles, ayant trait aux valeurs de chacun. Peut-on ne pas respecter ce droit légitime que chacun a de faire valoir son point de vue, d’apporter sa voix au débat ? Non. Même si je ne partage pas les arguments des opposants au “Mariage pour tous”, je respecte leur position, et je ne cherche pas à discuter de nos convictions mutuelles si leur avis est tranché et définitif. Ils sont contre, je suis pour, c’est comme ça. En soi, ce n’est pas la fin du monde.
On serait tenté de bien vite les juger, de voir en chacun des opposants à ce texte de loi un homophobe patenté, un monstre sanguinaire qui ne rêve que de “casser du pédé”. Ce serait idiot, et dans le climat actuel social, la bêtise ne fait que mettre le feu au poudre. Bien sûr dans le lot, il y a des homophobes, parfois par manque de connaissance réelle de l’homosexualité, souvent à cause d’idées reçues qu’on n’a jamais pris soin de mettre en doute, et puis plus rarement par vraie conviction haineuse, une posture plus difficile à comprendre, mais qui relève plus de la psychologie des individus. Mais tous ne sont pas homophobes, ils ont des convictions différentes, peut-être moins progressistes que les nôtres, mais on ne peut forcer l’opinion de personne.
Le problème se joue sur le terrain des limites. Quelle limite doit-on s’imposer dans un débat public ? Quand est-on dans la sacro-sainte liberté d’expression, quand dérape-t-on ? Ce que je lis ici et là, dans la presse, sur les sites internet, dans les réseaux sociaux, a tendance à m’inquiéter. C’est vrai, les postures se radicalisent. Ceux qui tournaient auparavant leur langue sept fois dans la bouche avant de donner leurs arguments ne prennent aujourd’hui plus la peine de le faire. Et pourquoi le feraient-ils, alors que leurs principaux responsables politiques aiment à se frotter à la frontière nauséabonde de l’homophobie à peine masquée ? N’oublions pas que la foule est galvanisée par les meneurs et ne font que suivre leur exemple.
Si les opposants politiques avaient débattu avec intelligence et respect, nous ne connaîtrions peut-être pas la dérive radicale de ces derniers jours. On a souvent glissé d’un débat sur un texte de loi offrant à certains les mêmes droits que d’autres, à des postures cristallisées vis à vis de l’homosexualité elle-même. On voit repousser la mauvaise herbe du pédé contre nature, des homos pédophiles, de l’Apocalypse sociale, etc. Désormais, avoir des homos comme faire valoir de non-homophobie dans son camp ne suffit plus à étouffer les propos qu’on peut lire partout, à commencer sur Twitter, cette grande cour de récré qui n’amène que des réponses viscérales et stéréotypées, et étouffe toute possibilité d’un débat serein, respectueux de tous. D’un débat républicain.
Alors bien sûr, à attiser les flammes il ne faut pas être surpris de l’incendie. A chercher à augmenter son aura politique en étant plus incisif, plus opposé, plus à la limite de l’homophobie, beaucoup de responsables, d’hommes et de femmes politiques ont contribué à instaurer ce climat aux relents historiques indésirables dans les troupes. Après tout, qu’importe un peu d’homophobie si ça peut permettre à mon parti de revenir aux affaires ? On avait déjà tapé sur les immigrés, sur les pauvres, pourquoi pas sur les pédés, désormais ?
Les menaces, les insultes, les dégradations, les violences physiques : sont-ce là les derniers arguments ? Quel courage. Quelle intelligence. Quel exemple pour ces enfants dont on parle beaucoup et qu’on instrumentalise à tour de bras. Que gagne-t-on à attiser la haine ? A faire fléchir le gouvernement ? Est-ce là leur notion de la république démocratique ?
Je ne suis pas inquiet pour la société. Je ne crois pas qu’il y ai plus d’homophobes qu’avant, seulement une homophobie plus forte, parfois même totalement desinhibée, chez celles et ceux qui l’étaient déjà. Je crois que, poussés à bout face à la progression législative du projet de loi, ils se radicalisent comme une ultime solution. Leurs slogans, leurs propos et parfois même leurs actes sont d’ailleurs le reflet de ce mouvement devenu rigide : “on ne lâche rien”, “le printemps français”, …
Espérons que les esprits belliqueux qui rêvent d’un pogrom à la française retrouvent un peu de mesure et de tempérance, que le respect mutuel retrouve sa place dans le débat public, que les leaders des mouvements d’opposition et que les responsables politiques prennent enfin la mesure du mot “responsable” et placent l’ordre public au dessus de leurs désirs personnels de succès électoraux, et qu’entre temps les pouvoirs publics feront le nécessaire pour éviter ou réprimer les débordements et les dérives intolérables.
Espérons tout simplement que la devise de la République ne soit pas oubliée.
Perpetual Tea Pouring #jesuisfan
(Source : riced0ll)
On m’avait appelé en milieu de matinée, me sortant de la douce léthargie de mon dimanche matin. Simplement vêtu d’un caleçon vieillissant et devenu trop ample, idéal pour dormir, je buvais mon café brûlant par petites gorgées, profitant sur mon canapé de la chaude caresse du soleil des matins d’hiver.
L’infirmière s’était montré insistante au téléphone, “votre grand-père est au plus mal, venez aussi vite que possible…”. Derrière ce qu’elle ne disait pas se profilait l’imminence du destin de chaque homme, et si je n’avais pas toujours été proche de cet homme sur le point de mourir, j’étais devenu ces derniers mois l’un de ses rares visiteurs.
Le temps de laisser un message sur le répondeur de mes parents, partis avec le reste de la famille profiter des pistes de skis dans les Pyrénées, et j’enfilais à la hâte mes vêtements de la veille, jetés en tas sur le bras du canapé. Pour une fois, ils ne sentaient pas trop la débauche, cette odeur si particulière de sueur, de tabac froid, d’alcool. De vomis, parfois. Cette odeur qu’ont tous les vêtements des lendemain de soirée, qu’on s’empresse de mettre en machine pour effacer les vestiges de l’excès.
Le froid me fouetta le visage lorsque je sorti de mon immeuble. Fermant maladroitement ma veste, les doigts rougis par le froid, je réalisais que j’étais parti à la hâte, sans prendre une tenue adaptée au climat de l’hiver particulièrement rude qui s’était abattu sur Paris cette année là. Le soleil brillait comme en été, et pourtant la chaleur de ses rayons peinait à réchauffer l’atmosphère, et c’est avec empressement que je me jetais dans les escaliers de la bouche de métro la plus proche.
Cinq stations, un changement de ligne, puis encore douze stations. La banlieue de Paris, cette triste banlieue que j’avais fui en partant de chez mes parents, qui me rappelait à elle à diverses occasions, comme destinée à me pourir la vie. Cette banlieue qui, aujourd’hui encore, m’offrait une perspective tragique, celle de voir mon grand-père disparaître à jamais.
C’est avec l’allure misérable des vétérans de la nuit rentrant chez eux au petit matin, et les yeux rouges de tristesse, que je me présentais à l’accueil de la maison de retraite ou l’on avait placé mon grand-père lorsqu’il s’était avéré impossible de le maintenir à domicile. “Je suis venu voir Julien Kellermann, l’infirmière m’a appelé tout à l’heure”. Dans le regard de cette femme à l’accueil, je vis la compassion, la douceur de l’empathie pour celui qui vient pleurer l’un des siens ; et c’est à cet instant bien précis que, laissant couler une larme chaude le long de mon nez, puis une seconde, puis toute une flopée, je compris vraiment ce que j’étais venu faire ici.